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baffouillé le 27/04/06

 


( cliquer tu dois )

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If you're feeling sinister

baffouillé le 23/04/06

<< Le téléphone sonne, bruit soudain faisant sursauter les murs, les plantes. La vibration se propage, faisant vibrer l'air, chargeant l'atmosphère d'une tension brusque. Elle romps l'étrange silence qui régnait jusqu'alors dans cette grande maison vide. Vide ? Non, une silhouette est là, assise sur le canapé. Elle avait le regard fixé sur ces chiffres, cette heure digitale qu'affichait le vieux magnétoscope poussiéreux. Puis elle tournait la tête pour regarder les aiguilles de l'horloge de la cuisine, suivre les minutes qui s'égrènent, puis les heures. La sonnerie l'a sortie de son rituel, elle a maintenant le regard fixé vers ce téléphone, blanc, et cette première sonnerie qui semblent s'éterniser. Plus elle le fixait, plus son regard devenait blanc, terrifié, plus son coeur s'accélérait, pour atteindre son rythme de croisière dans la panique. Ca y'est, c'était sûr, là voilà l'explication de ce retard. Trois heures qu'ils auraient dû être rentré, trois heures, quarantes minutes. Quarante et une. Quarante deux. La vérité apparaissait maintenant clairement. Plus besoin de s'angoisser, c'était fini. Point.

Deuxième sonnerie, identique à la précédente, lourde de sens, mal accordée. L'angoisse a laissée place à une autre sorte de peur, plus sournoise. Et cette sonnerie qui ne semble jamais vouloir s'arrêter. Non elle ne décrochera pas, à quoi bon, elle sait déjà ce que ce coup de téléphone signifie. Et là, s'insinue dans sa tête, ce qu'elle cherche à tout pris à ravaler. Elle ferme les portes de son esprit de toutes ces forces. Pourtant rien ni, fait elle est là, elle ne partira pas. Pourvu que. Pourvu qu'ils le soient tous. Pas un survivant, juste elle. Seule maintenant. Faites qu'ils soient tous mort, qu'ils ne reviennent pas. Que tout le monde parte qu'il ne reste qu'elle. Affronter la souffrance des autres, des autres membres de sa famille elle ne s'en sent pas capable, c'est trop dur. Elle ne veut pas épauler, ni être forte. Sa propre souffrance ne lui fait pas peur. Et si finalement cela lui faisait envie ? Si cette soudaine excitation ne montrait pas à la vue de tous ce qu'elle cherche à refouler. Si elle aussi elle voulait son lot de souffrance, imaginant agressions, perte, traumatisme. Un programme bien ficelé, des bleus, des marques, leur inquiétude, leur réconfort. Ils se battraient pour elle. Tout ce qui pourrait la faire craquer, vider toutes les larmes de son corps jusqu'à avoir en permanence ce goût salé dans la bouche. Ressentir à fond, toucher le fond, crier, hurler. Et voir tous ces amis pour qui elle n'était presque plus rien revenir, l'entourer toujours, tout le temps. Les voir s'inquiéter pour elle, et de toute leur force la sortir de là et lui redonner le goût de vivre. Envie égoïste de ne plus avoir à s'apitoyer sur son sort sans raison. Héroïne malheureuse d'une histoire tragique.
Elle se sait lâche, horrible, macabre. Depuis toute petite, quand, avec toute l'innocente perversité de son jeune âge elle rêvait en secret d'être toute seule, de se découvrir adoptée et d'aller vivre chez cette famille qui avait l'air si bien. Mieux que la sienne, plus tout, plus tout court. Elle n'aurait plus eu d'attaches, rien qui l'aurait retenue. Libre. Libre d'aller voir ailleurs si c'était pas mieux.
Toute personne normalement constituée a t'elle des pensée pareille ? Ou est-ce le début de la folie ?

Troisième sonnerie, elle n'a toujours pas bougée. Pourtant elle essaye de commander à ses jambes de se tendrent, à ses bras de l'aider à se soulever pour aller répondre au téléphone, et s'écrouler. Malaise tragique de film à grand succès. Cette envie douceâtre de toucher du doigt la souffrance, mais seule. Puis d'être entourée, par tout le monde, d'être au centre de leurs préoccupations, continuellement. Au centre. Ca y'est son corps répond.
Demande. Transmission. Réponse. Action.
Elle s'approche du combiné, la sonnerie diminue pour laisser place à un silence sinistre. Elle décroche priant pour que le bruit de son coeur ne se répercute pas à travers les écouteurs. " Allo ? " d'une voie tremblante.
Une erreur, une erreur. Il est désolé de s'être trompé. " Libérez ma ligne, ma famille est décédée, j'attend l'appel qui doit me le confirmer. Il ne faut pas que ça sonne occupée. Je dois y répondre ". Elle sent l'incompréhension de l'autre côté, la stupeur, puis la peur, le malaise. Un bref au revoir et la tonalité qui s'égrène en rythme. Toujours la même note longue, sifflante. Au moment de le reposer se fait entendre dans l'allée le bruit d'une voiture qui arrive et se gare. Tout s'écroule, le scénario n'a plus de sens. Plus de larmes, ni de compassion.
Nauséeuse, la gorge plaquée par l'amertume elle retourne s'asseoir sur ce canapé, un livre à la main, indifférente. Et quand plus tard, ils lui demanderont si elle ne s'était pas inquiétée de leur retard, elle leur répondra d'une voie froide et distante, qu'elle n'avait pas, fait attention à l'heure. >>

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Wait

baffouillé le 19/04/06

Non, je ne suis pas morte, préparation d'une nouvelle version, encore me diriez-vous, oui, mieux je sais pas. Et puis, et puis... Un questionnaire pour faire patienter en attendant un vrai post :

Le questionnaire des 4 [ mettez ici ce que vous voulez ], reçu ici.

4 endroits où je préfèrerais être là, maintenant, tout de suite:
- Dans le Nord, bien calé sous une couette devant un dvd/devant un thé/dans un café, avec des patates importantes à mes yeux.
- Près de l'océan [indien]
- Au fond de l'eau à regarder les reflets du soleil sur le fond de la piscine.
- Près d'un "IL"

4 films ou séries que je pourrais regarder encore et encore:
- Une vie volée
- Eternal sunshine of a spotless mind [ je sais je l'ai vu qu'une fois mais je veux le revoir ! ]
- Les quatres filles du docteur March [ je saisJesaisJesais ]
- " Jamais deux sans trois " [ Je sais ça passe, je sais parfois ça devenait soulant, mais quand même hin hin ]


4 émissions de télé que j'aime regarder:
- Arrêt sur image
- En Aparté
- Les guignols
- Ushuaia

4 aliments ou plats préférés:
- Tout ce qui est à base ou qui contient du chocolat
- Cari bichique et tous les caris créoles.
- Mangue/Avocat
- Pâtes

4 choses que je voudrais, que ce soit possible, ou pas. C'est vaste, haha:
- Changer, physiquement comme je veux, le reste aussi, même si. Un peu de stabilisation dirons nous ou moins de complication.
- Revenir en arrière et commencer la synchro plus tôt.
- Avoir un talent, quelconque.
- Ne plus avoir autant de regrets, pour tout, tout le temps.

4 choses que je n'oublierais pas, avant que ma copine Alzha ne me l'emporte au loin:
- Mes amies et tout ce qu'elle ont fait/font pour moi.
- L'odeur du chlore mélangé à la javel [hin hin]
- Des phrases qui hant ma têtes [pasbienpasbienpasbien]
- Que si je suis ici, et que je fais tout ça, c'est grace à certaines.

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Everybody else

baffouillé le 07/04/06

( C'est long, je m'en excuse, pour le contenu aussi hin hin )

<< Ce qui la différenciait des autres, je crois, c'est cette présence qu'elle avait, tellement diffuse qu'il fallait la regarder vraiment pour la voir. Et encore, peut-être n'apparaissait-elle qu'à moi, pourquoi, comment, impossible de savoir vraiment. Le hasard ? Le soleil filtrant à travers le feuillage des arbres qui bordaient la route qui m'éblouit à cet instant, m'obligeant à tourner la tête et à poser les yeux sur elle pour ne puis les enlever ? Il était déjà 20h, le début d'une de ces longues soirées d'été où les ombres s'allongent, et le bus était plein. Elle était deux rangée devant, face à moi, assise comme nous tous sur ces vieilles banquettes de cuir rouge fatiguées par le temps. J'ai beau chercher le moment où je l'ai vu, impossible de le saisir, il a les contours flou. Elle n'est pourtant pas comme toute celle que l'on dit belle, elle n'avait pas cette beauté là. Des longs cheveux bruns parsemés de mèches folles qui encadraient son visage. Pas une de ces coiffures décoiffées soigneusement et minutieusement préparées, juste les effets visibles d'une journée d'été qu'elle n'aurait pas pris le temps d'atténuer. Elle semblait fatiguée, assise recroquevillée contre la vitre, les genoux serrés contre sa poitrine, des cernes sous les yeux, un peu.
Et pourtant, quelque chose émanait d'elle, un port de tête, une présence, impossible de trouver d'autres mots, un grain de beauté juste au coin de l'œil, comme une étoile pour souligner un regard. Elle était de ceux qui semblent respirer la gentillesse, une timidité feutrée, discrète et une sensibilité à fleurs de peau. Et elle avait ce regard qui se promenait partout, détaillant les moindres recoins du bus, du paysage, des passants comme des passagers, remarquant un détail du motif d'une jupe, le nom d'un écrivain qu'elle ne connaissait pas sur la couverture marquée de plis d'un roman posé à côté d'un vieille homme endormis. Je restais là, observant son petit manège, découvrant peu à peu ses rouages, et sa façon de fuir les regards, détournant les yeux à la seconde où d'autres auraient pu les saisir. A plus y regarder, son regard n'avait rien d'insistant, elle ne fixait pas dans le but de sonder la personne, elle s'attachait à tout et à rien, à la manière d'un jeune enfant qui découvre pour la première fois le monde. Voilà ce qu'elle dégageait, elle avait l'air de découvrir, de chercher des points de repères, dévisageant ces gens, ce monde auquel elle n'avait pas l'impression d'appartenir, comme si toute leurs manies, ces habitudes, n'étaient pas elle. Si on lui avait demandée de se comparer elle vous aurait sûrement répondue que c'était impossible, elle ne pouvait pas se comparer à eux tout simplement parce que ça n'était pas comparable. Elle était extérieure, cherchant en vain un signe, qui la ferait revenir. " Dans la lune ", combien de fois elle avait du l'entendre, " dans les nuages ", " dans son monde ", alors qu'elle n'est juste pas dans le notre, pas à la même vitesse.

Au fur et à mesure que je l'observais, des images apparaissaient dans ma tête, je ne pouvais m'empêcher d'imaginer, de lui inventer un vie. Peut-être était-elle de ceux qui se délectent des quelques jours, parfois juste quelques heures, quelques instants, qui suivent le premier pas dans un monde inconnu. Cette excitation de pouvoir tout observer, dévisager, prêter l'oreille aux moindres bruits, s'imprégner d'une atmosphère, d'une odeur, imaginer des vies, imaginer un monde sans y appartenir. Tout est possible, sans le regard des autres, être soi ou une autre, changer ou recommencer, oublier et tout laisser derrière soi ou porter son passé sur ses épaules courbées. La magie s'arrête dès lors qu'un regard s'arrête sur sa silhouette frêle, alors ça y'est elle existe pour quelqu'un, dans le coin d'une mémoire, même si son image s'estompe dans les minutes qui suivent pour ne laisser qu'un vide, une impression diffuse. Elle ne peut plus regarder vivre un monde auquel elle n'appartient pas, la magie est finie.

Sortant de ma rêverie, j'ai levé les yeux vers elle, vers les siens. Nos regards se croisaient, et pourtant elle ne détournait pas les yeux, je restait là, retenant mon souffle, ses cils ne bougeaient pas, ne cillaient pas. Puis ses paupières se sont fermées, ses yeux ont fuis, gênés de cette intrusion, de cette audace. Ses joues qui se sont colorées de rose laissaient transparaître sa gêne, elle regardait ailleurs. Ailleurs ou suivant une ligne imaginaire, tout comme quand elle marchait, croyant comme une enfant a cette pensée magique, si elle ne regardait personne, ils ne la verraient pas, elle n'occuperait pas de place dans leur mémoire, aussi fragile soit-elle, elle sera transparente. Ainsi tout est plus facile, plus besoin de cacher qu'elle ne sait pas quoi dire, qu'elle n'a pas acquis ces codes que tout le monde semble avoir, ses mots sortent dans le désordre, inadaptés, parfois tellement faible qu'il deviennent un souffle. Réconforter, aider, elle n'y arrive pas, ne sachant comment s'y prendre, pourtant cela semble naturel chez eux, comment font-ils ?

Lorsque je suis descendue du bus, passant à côté d'elle et espérant, c'était trop tard, le visage tourné vers la vitre, vers le soleil, elle regardait dans le vide. Plusieurs fois j'ai pris ce même trajet, m'asseyant à la même place, scrutant les passagers à sa recherche. Plusieurs fois j'ai cru la voir, au détour d'une rue, une silhouette, j'ai cru. Rien n'y fait, je ne la reverrais plus, et je me surprends à espérer avoir maintenant une place floue dans un coin de sa mémoire, un air de déjà vu. >>

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6o secondes pour la dernière minute

baffouillé le 03/04/06

Il fut un jour où j'avais posé un lien, juste un petit lien vers 60 secondes de mes performances vocales. Au fil du temps, celui ci c'est perdu dans les méandres des changements de versions. tant mieux pour moi, ou pour vous. Seulement ce soir, allant zieuter mes statistiques, quelque chose m'a sauté aux yeux : Moultes visiteurs viennent ici afin de chercher de la musique, des paroles afin d'enrichir leur culture musicale. A l'image de :
" paroles de la chanson voulez vous danser grand-mere ", ou encore " paroles de chanson j y crois de frank michael ".
A cette occasion, je suis revenue derrière le micro[phone] pour vous offrir ces 2x60 secondes de bonheurs :

<< Je m'appelle Helene >>

<< Trop de souvenirs >>

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